VOYAGE EN INDE, UN PAYS QUI FAIT PERDRE SES REPERES

En 2009, mon frère part faire un stage en Inde, j’étais également étudiante. Nous l’avons rejoint avec ma mère.

Ce voyage fût un peu compliqué pour moi. L’Inde, si on ne s’y prépare pas, fait l’effet d’une violente gifle. J’avais pourtant déjà pas mal voyagé, mais du haut de ma petite vingtaine d’années, je ne me serais jamais doutée du chamboulement que ce voyage a provoqué.

Toutes mes excuses pour les photos, ce sont des scans de l’album de ma mère, photos prises avec un appareil jetable, Dieu sait si ça existe encore en 2021 ! J’ai malheureusement perdu mes photos sur disque dur.

L’Inde, c’est avant tout un pays surpeuplé ! Il y a des gens, du bruit, de chahut, des animaux, des odeurs envahissantes, absolument partout. Partout, j’insiste lourdement !

Nous sommes partis sac sur le dos, sac de moins de 7kg pour être en cabine à l’époque.

Arrivée à Mumbai. Nous avons fait toute la pointe du pays par la côte jusqu’à atteindre Pondicherry, et de là nous avons pris un avion pour le Sri Lanka.

Ce long parcours a duré 1 mois en mode RoadTrip à pied, bus et trains, on a mangé dans les petits « buibuis », et dormis souvent chez l’habitant, dans ce pays ils appellent ça les « Guest House ».

Je crois que… Ce qui a été le plus surprenant au départ, c’était le bruit. Cela s’explique sûrement par le nombre d’habitants au mètre carré, certes, mais surtout par la conduite assez spéciale ! En Inde, le plus gros véhicule a en quelque sorte le pouvoir sur les autres. Un bus écrasera une camionnette, une camionnette une voiture, une voiture un Tuktuk, le Tuktuk le scooter, et tout ce petit monde les piétons ! Autant vous dire que ça klaxonne sans arrêt, c’est assourdissant et pour les piétons, traverser une rue relève parfois presque du miracle !

Le film, Indian Palace, de John Madden, réussit très bien à retranscrire cette sensation à l’arrivée en Inde. Si vous ne l’avez pas vu, foncez, il est génial.

Je me souviens de l’arrivée à l’aéroport, je me suis dis : « finalement ça va, ce n’est pas si pauvre ! ». Puis, nous avons pris un taxi jusqu’à la gare routière de Mumbai, et ce qui a défilé sous nos yeux pendant cette demie heure sur le périph, a très vite effacé ma naïve réflexion.

L’Inde est pauvre et surpeuplée. C’est un constat qu’en tant qu’Européens il est impossible de nier. La pauvreté saute aux yeux, où devrais-je dire, aux tripes. Mumbai est une ville où aux pieds des grattes-ciel dorment des gens sur des cartons, pendant que d’autres en costards passent devant eux dans une ignorance méprisante.

Mumbai est bien la ville avec laquelle j’ai eu le plus de mal, je me suis sentie oppressée, j’avais pas peur, mais je me suis jamais sentie aussi mal à un endroit, ça a été presque viscérale comme réaction, je ne voulais pas être là.

Fort heureusement, nous avons très vite fuis vers le sud dans un bus de nuit, ce qui a été un véritable soulagement.

Les jeunes filles en uniformes d’école

En chemin, la côte est plus agréable, toujours aussi surpeuplée, mais loin de l’oppression de la grande ville. Nous faisons des journées chargées, de nos sacs, de visites de villes, et le soir, la fatigue nous emportait à peine allongés ou assis dans un bus.

Nous sommes descendus jusqu’à Kanyakumari dans le Kerala, la pointe sud de l’Inde. C’est la ville que j’ai le plus appréciée avec Pondicherry.

Nous avons observés l’aube se lever au petit matin sur les toits de la ville entourés d’innombrables d’autres paires d’ yeux, de toutes origines, à peine réveillées.

Le soleil de Kanyakumari se lève sur l’océan Indien et éclaire sur la gauche sa mer d’Arabie et sur sa droite réchauffe le Golfe du Bengale. Nous étions entre deux mers et un océan. C’est un endroit qui m’a beaucoup marqué.

Tout le long nous avons visités d’innombrables temples, tous aussi kitch les uns que les autres, vu d’incroyables Bouddha allongés. L’inde est marquée par le Bouddhisme, l’Islam et le Christianisme.

Je ne peux pas parler de l’Inde sans évoquer la nourriture. Elle est présente partout. Il y a cette odeur d’épice qui flotte en permanence dans les rues. Une odeur de curry frais certainement, une odeur, en tout cas, qui n’est pas familière.

Tout d’abord, il y a le thé TCHAÏ, un pur délice. Du lait à peine sorti de la vache, du thé, des épices et un Hindou qui manie ses récipients tel un barman surclassé de Las Vegas ! Le Tchaï est partout, s’il n’est pas proposé en stand dans la rue, il est transporté dans une énorme cuve sur l’épaule d’un gaillard qui parcourt gares, trains et arrêts de bus.

Il n’est pas rare qu’une petite horde de plateaux se pointent à votre vitre de bus, dès que celui-ci marque un court arrêt. Ils présentent toutes sortes de Samossas, des plaques de caramel aux cacahuètes et autres friandises à l’indienne.

Nous avons trouvés un poulet rôti, mais qu’une seule fois à Pondicherry. Les animaux étant sacrés pour les Hindous, c’est n’est pas un pays pour les viandards ! Le poulet Tikka Massala, pourtant si célèbre, nous le cherchons encore !

La nourriture, au final, est toujours un peu la même. La base c’est le riz qu’on va manger avec différentes sauces. Il y a un fort goût d’un épice en particulier, qui je pense, était du curry frais. Avec ça ils mangent des chapatis, une sorte de galettes à base uniquement de farine et souvent de la raïta, qui est une sauce à base de yaourt ou lait caillé avec des oignons doux et du concombre, elle sert à adoucir les épices.

En tant que touriste, afin d’éviter la Tourista, jamais d’eau, sauf en bouteilles achetées et vérifier qu’elles soient bien scellées. Jamais de choses fraîches, ni légumes, fruits sans laver et éplucher soi-même.

Tout est différent. Les saveurs, les odeurs, la surpopulation, même un New Yorkais, j’en suis sûre, doit avoir du mal avec tout ce monde !

Puis, en tant que « blancs à sac sur le dos », facilement repérables, on se transforme dès son arrivée en une véritable vache à lait. S’il y a bien un souvenir, 10 ans plus tard, qui revient en premier sur l’Inde, c’est bien celui d’être sans arrêt pourchassé dans les rues pour tout un tas de raisons : « do you want tuktuk ? Do you want Logde ? Guest House ? » … Et j’en passe et des meilleurs. A la longue c’était usant et au bout de 3 semaines, je me souviens que c’était plus que pénible, lourd à vivre. Peut-être que Pondicherry avec sa moitié de ville Française, a été une sorte de ressource, un moment de calme au milieu de toute cette agitation permanente.

Le BRUIT, il commençait très tôt, dès l’aube, parfois dans les quartiers musulmans, avec le premier appel à prière, et ce foutu brouhaha ne baissait son volume qu’à la tombée de la nuit pour laisser place à un bourdonnement qui s’éteignait qu’aux alentours de 22h environ, pour repartir de plus belles le lendemain.

De Pondi-mon-chéri, comme nous aimions l’appeler, nous nous sommes envolés vers le Sri Lanka. A l’arrivée, à Colombo, changement radical d’ambiance. Militaires armés à l’aéroport, personne ne nous courrait après, même au contraire, les regards posés sur nous étaient presque désagréables.

Nous ne sommes pas restés longtemps, retour à Mumbai/Airport, London/Airport and Montpellier/Airport !

L’Inde, c’est certain, et je ne m’avance en rien en affirmant que ce pays ne peut laisser personne indifférent. Lâchez tout dès votre arrivée. Tout c’est : votre façon d’aborder la vie, votre manière de penser, de voir, d’écouter, de sentir, de toucher…

A 20 ans, je me souviens avoir tenté de lutter contre toutes ces choses qui me paraissaient un peu comme des agressions tellement elles étaient omniprésentes, assourdissantes, enveloppantes. J’avais l’impression d’être comme entourée d’un voile fragile, un peu comme si ma bulle sociale était en fusion comme au coeur d’un réacteur nucléaire.

Tout mon être, ma personne, était comme propulsée dans un autre monde, où tout m’était étranger, inconnu, nouveau.

Chaque jour les défenses s’abaissaient et petit à petit je me suis sentie mieux, je me suis laissée emporter un peu, mais toujours dans la retenue, à aucun moment je pourrais dire que je me suis sentie apaisée lors de ce voyage.

Ce pays m’a littéralement remplis d’images, en rentrant j’ai fait un carnets de croquis, j’ai fait mon premier livre jeunesse, celui de mon diplôme de fin d’études sur ce thème, il a débloqué la couleur au bout de mes pinceaux. L’Inde n’est pas une destination où j’ai envie de retourner comme la Norvège par exemple, mais c’est une expérience, pour nous, européens, habitants de pays riches, qui, rien que pour ce qu’elle va transformer en nous, vaut la peine d’être vécue.

Un vendeur ambulant
En attendant le bus

Les photos ne m’appartiennent pas, j’ai malheureusement perdu mes photos numériques. Du coup ce sont des scans des photos tirées de l’album de ma mère qu’elle m’a gentiment envoyé pour cet article.

Les croquis sont tirés de mon carnet de voyage de l’époque, j’étais en 1ère année en Arts Appliqués, et ça se voit^^

Publié par emnatsu

Illustratrice jeunesse, blogueuse voyage, aide-soignante... Que d'étiquettes ! Le tout est de se sentir en vie et d'en profiter au maximum.

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